SailorFuku est un jeu de mode où tu incarnes une jeune lycéenne, dans la ville de SailorCity, au Japon.
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    Mariyah
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    Date de création :
    le 03/08/2018 à 00:14

    Présentation
    Modifié le 23/10/2018





     
                                                 
                                          


                                                                   

       

    Il les enlaça d’abord dans ses bras. Son étreinte se resserra en sentant l’odeur de lavande qui
    provenaient de la chevelure de ses filles, chatouiller ses narines. Doucement, James, ou Jamie pour les intimes, les relâcha en glissant chacune de ses mains sur leur crâne. Les yeux embués de larmes, il regarda d’abord la plus jeune de ses filles puis l’ainée. Son visage grimaça de douleurs. En ouvrant la bouche, il la referma immédiatement. Le regard glacial de Diana l’obligea à baisser les yeux au sol. Il n’avait jamais rencontré des yeux aussi expressifs que les siens. Semblables à ceux de sa femme, morte en couche à la naissance de Marie-Louise.

    Elle savait. Elle était consciente de ce qui se passerait lorsqu’il se détournerait d’elles. Elle connaissait la fin de ce chapitre, et elle avait toujours été effrayée d’y faire face. A dix ans, une fillette devait s’occuper de jouer à la poupée avec ses amies, de se chamailler avec sa sœur qui n’avait que quatre ans de moins qu’elle, d’avoir son premier baiser avec un garçon pour en raconter tous les détails à Marie-Louise pour qu’elle sache de quoi il en serait question. Non, Diana, elle, avait appris à cuisiner. A s’occuper de sa sœur, à gratter le sol et apporter du bois pour ravitailler la cheminée. Elle avait appris à coudre aussi, tout ça grâce à la vieille sorcière qui se tenait non loin de la forêt, à un kilomètre de leur vieille chaumière. Jusque-là, son père avait tenu le coup. Le soir, il ramenait de quoi occuper Diana dans la cuisine puis prenait le relais. Il avait Marie-Louise à élever. Mais depuis qu’il avait remarqué les mêmes airs que sa mère s’étaient donnés de son vivant en sa jeune sœur, son père avait lâché prise. Les soirs, il sortait pour revenir très tardivement dans la soirée. Une bouteille en main et le cœur empli de tristesse. Les sanglots les réveillant en sursaut, Diana obligeait Marie à se rendormir, une tâche plus difficile comparée à ce qu’il l’attendait ensuite. Puis, se préoccupant d’un homme déchiré et faible, la fillette tenait debout. Elle lui faisait réaliser après une bassine d’eau froide qu’elle lui jetait sur le visage, les larmes aux yeux et les dents serrés, presque enragée que :

    « Et Marie ? Que deviendra-t-elle si tu nous laisses ? Que feras-tu ? Tu l’obligeras à faire les trottoirs pour gagner son gagne-pain parce que tu as été trop lâche pour t’occuper de nous ? »

    Il avait une famille. Des filles qui ne pouvaient survivre sans lui. Diana, elle, ne réussirait pas. Elle l’avait toujours avoué au vieil arbre qui se présentait près de leur chaumière, le seul aussi grand et large. Ce soir, le combattant était devenu un lâche. Et lorsque Diana l’aperçut se redresser en emportant avec lui un sac en tissu assez léger pour son voyage, elle le regarda avec un certain mépris avant de tourner les talons. Une enfant, c’était ce qu’elle était. Pas une femme, pas encore du moins. Et Marie-Louise ne connaissait encore rien à la vie. Parce qu’elle l’aidait dans ses tâches quotidiennes. Elle tira le poignet de sa petite sœur pour la forcer à la suivre, ce qu’elle fit sans broncher en saluant d’un geste de la main son père. Naïvement, elle croyait qu’il reviendrait. Alors que Diana savait que ce ne serait pas le cas. Elle emmena sa sœur dans leur chambre, la borda puis attendit qu’elle s’endorme. Elle n’attendit pas longtemps, sa sœur s’endormait plus vite qu’un paresseux. La porte claqua des minutes plus tard signalant son départ. De son côté, Diana sortit de la chambre pour gagner la seconde pièce de la maison. Il n’y en avait que deux, l’un englobant le salon et la cuisine, l’autre, la chambre des fillettes. Son père, dormant habituellement sur un vieux tapis de paille dans le couloir. Avec lenteur, ses mains touchèrent le sol sous ses pieds puis elle s’asseya, les yeux rivés sur la porte en bois. A la seule pensée qu’il puisse simplement l’ouvrir pour réapparaître des secondes plus tard, elle n’en dormit pas de la nuit. Mais au matin, elle aurait préféré le voir loin d’elles. Les lueurs s’introduisant petit à petit dans la pièce, Diana s’était relevée, les traits tirés par la fatigue et les yeux rougies par les larmes qu’elle avait silencieusement versées dans la nuit. En ouvrant la porte, ses yeux s’étaient immobilisés sur des jambes mollement étendues sur la terre. En faisant glisser son regard sur le corps inerte, sa respiration se coupa. La porte se referma derrière elle, puis ses mains s’agrippèrent aux épaules de son père.

    « Lâche…
    Elle commença par les agiter.
    — Lâche ! Lâche ! hurlait-elle, en colère. Lâche ! »

    Et elle n’avait cessé que lorsque sa sœur s’étant réveillée a voulu ouvrir la porte. L’y empêchant en se reprenant rapidement, elle lui ordonna de rester dans sa chambre et de n’y sortir que lorsqu’elle le lui dirait. Ce que Marie fit aussi, docilement. La frêle petite brune traina avec grandes difficultés le corps de son père loin de leur demeure. Dans la forêt. Là, où Marie-Louise ne le verrait pas. Là, où elle ne pourrait voir les veines tranchées de leur père par une bouteille d’alcool.

     
     **********************************
       La nourriture se faisant rare.

    Diana plongea dans les bas-fonds de la société. Dans ses vices.
    Aux côtés de Peter, le fils d’un boulanger qui se voulait pirate à l’avenir et rencontrer les îles les plus majestueuses. Il lui apprit à détrousser les poches pendant qu’elle faisait les yeux doux aux passants avec des roses fraichement cueillies dans les quartiers huppés de Paris. Il lui apprit à parler un langage correct, grâce à sa mère qui était gouvernante, afin de pouvoir le transmettre à Marie-Louise. Mais les besoins de sa sœur devenaient de plus en plus importants.

    De la soie. De la dentelle. Des poupées. Des rubans…

    Et Diana ne pouvait lui offrir plus de dentelles et de soies sans appauvrir son accoutrement par de vieilles guenilles et ne maigrissant que plus encore. Elle savait qu’en grandissant, sa petite sœur serait frustrée de n’avoir eu une enfance normale, une sœur toujours absente afin de subvenir à leurs besoins et quelques bleues sur le corps lorsqu’elle revenait. Il n’y avait que l’orphelinat qui accepterait Marie-Louise. Pas elle. Diana ne méritait pas qu’on l’aide. Personne ne pouvait. Sauf lui. Peter. Ce garçon ambitieux et séduisant qui lui lançait des myriades de compliments. Et comme chez chaque jeune fille qui commençait à avoir des sentiments pour un garçon viril, les plus stupides s’offraient à eux. Comme elle l’avait fait le soir de son seizième anniversaire, quand il lui offrit une bague en or qu’il avait dérobée lorsque sa mère l’avait emmené avec lui dans la maison d’une duchesse fortunée.

    « Epouse-moi, Diana. Et je te montrerais toutes les merveilles du monde. »

    Elle y avait cru. Pendant un temps. Jusqu’à ce qu’elle entende ce même discours auprès d’une jeune lady distinguée pour laquelle il semblait s’être épris. Il devait la faire tomber à ses pieds, pour mieux la voler, mais elle lui avait pris son cœur. Et elle avait fait face à la sombre vérité. Une simple marionnette qu’il avait utilisée pour se remplir facilement les poches. Jolie, mais simple d’esprit. Gentille, mais stupide. Amoureuse…et naïve.
    Il l’avait détruite.

    En l’éloignant de sa petite sœur, car c’était lui qui lui avait proposé de l’envoyer dans un orphelinat. En la plongeant dans ses affaires. En lui faisant connaître le marché noir et ses commerçants. Une liste de contact longue, assez longue pour pouvoir se servir de chacun d’eux à des fins avantageuses en les faisant chanter. Et tout avait un prix dans la vie. Pour un bijou, ou un chapeau, mais encore une robe…Ainsi qu’un revolver. L’ironie du sort avait fait que Diana finirait dans le même état que son père. Morte de ses propres mains. Malheureusement, Pierre était venu demander sa part.

    « Tu as volé Dame Lechevalier, et grâce à moi puisque je te l’ai introduit. Je veux ma part, c’est pour Anne. »

    Anne, son amante. Cette dame de la haute. Cette fille superbe à la chevelure clairsemée de mèches caramélisées le long de ses cheveux bruns. Et la colère sourde qui avait fait bouillir son sang dans ses veines s’était immédiatement calmée. Après le coup de feu. Elle n’avait eu aucun remords. Elle avait vu en lui son père.

    « Lâche, n’avait-elle fait que murmurer à son oreille alors qu’il se mourrait à petit feu. Se vidant sur le sol. »

    Mais elle ne se serait jamais imaginée qu’après cette immense soulagement, ses nuits seraient bien trop longues pour sa vie de mortelle. Que ses démons viendraient la titiller chaque soir, que ses cauchemars lui donneront envie de perdre pied et de tourner le dos à ce monde.

    Néanmoins, cette créature était apparue. Un pelage roux, des yeux ensorcelants. Un humain à la chevelure peu commune et au caractère unique. Un homme qui connaissait une soif de la vie tout en couleurs. Un associé dans son jeu. Un collaborateur dans sa vie. Une âme qui ne la quitterait pas, n’est-ce pas ? Il était doué. Elle était pleine de surprise. Il était hypnotisant. Elle était pleine de talents. Ils étaient superbes sur la toile, des experts sur le terrain. Quand elle jouait de ses charmes de séductrices pour dérober les plus grands objets de valeurs, il usait de sa langue habile pour déjouer leurs soupçons, et quand un noble devenait beaucoup trop curieux à leurs sujets, elle se chargeait de par son éloquence de lui faire prendre un chemin sans questions. La vie était devenue plus agréable à vivre la journée, la nuit restait encore un cauchemar éveillé. Mais elle se projetait dans l’avenir.

    « Sa fortune est grande…Dérobons-là. »


         

    Goupil, c’est comme ça qu’on l’appelait, à l’époque, lorsqu’il était encore un enfant aux dents jaunes et aux bras maigrelets, qui ne quittait pas cet affreux sourire, comme s’il s’apprêtait à commettre une nouvelle farce. Un Goupil, c’est une saleté de renard, vous le saviez ?
    Voilà donc à quoi il était comparé, une sale vermine, un nuisible, qu’on éliminait à la fourche.
    Fils de Theodore et de Jeanne, deux fermiers aussi pauvres que les terres qu’ils tentaient de cultiver, Jack - par ce que c’était comme cela qu’il s’appelait, en vérité - ne leur ressemblait en aucun point.

    Alors que ses parents étaient fades comme la terre qui se craquelait sous ses pieds, Jack avait hérité d’une chevelure rousse qui lui venait de son grand-père paternel. Sa peau était également truffée de petites taches de rousseur. Il n’était pas particulièrement beau, avec sa tignasse et son corps maigrelet, mais il était intriguant. Particulier. Unique. Charismatique, presque. Tous les enfants tournaient autour de lui, que ce soit pour se moquer ou pour le suivre dans ces folles aventures.

    Par ce que Jack était indomptable, et même les coups de son père ne parvenaient pas à le rendre plus humble, plus servile. Jack, il rêvait de liberté. Rêveur, c’était bien ce qui le définissait le plus.

    Mais un rêveur sournois, prêt à tout pour ne pas subir de sanction ou parvenir à ses fins.

    Des pitreries, il en faisait tous les jours, que ce soit en cachant des grenouilles dans la couche de ses parents ou encore en relâchant un troupeau de bovidés dans la nature.
    Son sens de la morale était au plus bas, même alors que sa famille devait se rendre à l’Eglise tous les dimanches. Une fois, il avait même volé toutes les pièces qui avaient été offertes à l’Eglise, dans cette petite caisse en bois qui n’était même pas fermé. Il ne s’était pas fait prendre, mais le vieux Rumel, un alcoolique qui avait déjà tenté sa chance avant lui, avait subit durement la sanction.
    Il était mort quelques semaines plus tard, l’écume à la bouche, sur le perron de cette même Eglise.
    Son père savait qu’il était le responsable, alors, il l’avait roué de coups.

    Pourtant, même si son dos le brûlait et que ses genoux étaient en sang, il n’avait pas dit où était ces vilaines pièces, qui le conduirait droit en enfer. Il les avait gardés précieusement dans sa petite cache. Il avait ainsi entreposé toute sorte de trésors, y compris de sa tantine, cette vieille courge, en conti-nuant ses larcins jusqu’à un âge où l’on était plus un enfant, mais pas encore un adulte.
    Pourtant, il avait bien appris comment caresser le corps d’une femme, avec la gourgandine du champ voisin – ils se retrouvaient dans la grange, au milieu des bœufs, pour faire des choses qu’ils ne com-prenaient pas eux même, mais qu’ils avaient vu faire. C’était un jeu, pour eux.
    Il apprendra bien plus tard qu’elle était finalement tombée enceinte et avait mis au monde un enfant, sans doute le sien. Elle était devenue grosse et laide, et personne n’avait voulu d’elle avec ce petit bâtard, qu’elle aimait pourtant de tout son cœur.

    Quant à Jack, il n’était jamais revenu.

    Las, ces pitreries n’amusant plus personne, ni lui ni les autres, il était parti, sans prévenir personne.
    Sans doute ses parents avaient-ils attendus ce départ avec impatiente, par ce qu’ils avaient encore huit bouches à nourrir (trois avaient été emportés l’hiver dernier, l’un n’avait même pas de nom).
    Il avait quitté cette petite bicoque, coincée à l’orée de la forêt, perdu dans les champs, pour rejoindre la Ville la plus proche. Il avait des idées plein la tête. Il deviendrait un artiste.

    Le soir même, il s’était fait détroussé de tous ses biens (l’empoté avait pris avec lui tous ces trésors, emballotés dans un balluchon de fortune) et avait finis sur le sol, le nez et les lèvres en sang.


     

     ***********************************

     Lorsqu’il avait rencontré sa partenaire, de vie et de profession, il commettait encore ces petits larcins de ventre-à-terre, à peine de quoi le nourrir pour deux journées consécutives.

    Il était doué, pour s’approcher des courtisanes et des hommes bien vêtus, ou des simples indigents, et leur prélever une pièce ou deux. Une blague à café en argent par ci, un bracelet doré par-là, mais il n’y avait que les inconscients ou les personnes en manque d’adrénaline pour rejoindre ces coins de rue, fréquentés par les miséreux comme eux. Les plus grands trésors se trouvaient dans les grandes allées, là où les nobliaux coquetaient ensemble. Ou mieux, dans leurs soirées mondaines, réservées à l’élite. Un monde dans lequel il ne pouvait pas entrer, par ce qu’il lui manquait quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Ils s’étaient trouvés par hasard, il ne se rappelle même plus comment -les éléments sans importance sont écartés de sa mémoire, pour qu’il ne garde que l’essentiel – mais ce jour avait été le jour de sa résurrection. Désormais, ils étaient les plus grands fanfarons de toute la France, sillonnant le territoire avec une désinvolture sans pareil. Sans peur, sans regrets.
    De pitre, il était devenu attrayant, hypnotisant même, un homme plein de secrets, qui pourtant sem-blait tout vous dévoiler sans pudeur. Par ce que Jack n’a peur de rien. Alors même que vous lui parlez, il vous a déjà délesté de vos trésors. Alors que vous lui accordez votre amitié sans fard, il avait déjà baisé votre femme. Comme un renard, il se déplace rapidement, souriant avec amusement à toutes ces personnes qui lui semblent ramper à ses pieds. Un sourire de façade, qui cache toute sa haine pour le monde qui l’entoure. Qu’ils soient pauvres ou riches, ils les détestaient tous.

    Il joue avec le feu, le gibet n’est jamais très loin, mais cette sensation irrationnelle de peur et d’extase l’enivre. Tout ce qu’il fait, il le fait par ce qu’il en a envie. Chaque geste est calculé dans l’unique but de parfaire à ses désirs. Par ailleurs, on n’obtient rien de sa part sans contrepartie.
    Mais il y a toujours un prix à jouer ainsi avec la mort. Parfois, il lui arrive de faire des crises.
    « Epilepsie », c’est ce qu’on lui avait dit. Alors, lorsqu’il ressent les effets du tremblement, lorsque l’attaque est prête à le faire tomber à terre et le faire convulser comme un vers de terre, il s’éclipse.

    Il n’est pas croyant, mais si c’était le prix à payer pour vivre une telle vie, alors il serait prêt à recom-mencer éternellement, jusqu’à ce qu’il crève et que son âme pourrisse en enfer.

      






                                                                                     

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