- Tuesday
- Niveau 4 ( 70/80)
- Non-scolarisée
- Distributrice de journaux
- $ 250
- 1er jour
- Aucun trophée
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Mes amies
Présentation
Moi, c’est Tuesday. Enfin, c’est comme ça que je me fais appeler depuis que j’ai décidé que "Lockwood" sonnait trop comme une porte qui claque.
Je suis le genre de personne qui entre dans une pièce sans frapper, mais qui sort sans qu’on s’en rende compte. J’ai grandi entre les pages arrachées d’un carnet de voyage et les histoires que ma grand-mère me racontait en échange de mes silences – des histoires sur des villes qui n’existent sur aucune carte, des gens qui disparaissent un mardi et réapparaissent un vendredi, et des objets qui choisissent leurs propriétaires. J’ai arrêté de demander si c’était vrai le jour où j’ai trouvé une clé rouillée dans ma poche, sans savoir d’où elle venait. Elle ouvrait une boîte à musique qui jouait une mélodie que personne ne reconnaissait. Je l’ai gardée. Bien sûr.
Je porte des vestes trop grandes parce que j’aime l’idée de pouvoir disparaître dedans, et des bottes éraflées parce que j’ai arrêté de faire attention à où je mettais les pieds. Mes cheveux sont une bataille perdue d’avance contre le vent, et mes mains tremblent un peu quand je mens. Pas par nervosité – juste parce que mes doigts savent avant moi que je suis en train d’inventer.
Je ne crois pas aux destins, mais je crois aux signes. Comme ce jour où j’ai raté mon bus et que j’ai rencontré un type qui m’a offert un ticket de loterie gagnant en échange d’un sourire. J’ai souri. Le ticket était périmé depuis 1987. Depuis, je collectionne les coïncidences pourries et les vérités que personne ne veut entendre.
Je dessine des visages que je n’ai jamais vus, j’écris des lettres que je n’envoie jamais, et je ris trop fort quand je suis nerveuse. Je déteste qu’on me touche l’épaule par-derrière, mais j’adore les étreintes qui durent une seconde de trop. Je sais reconnaître les gens qui mentent, pas parce que je suis douée, mais parce que je les ai déjà entendus se mentir à eux-mêmes.
On dit que j’ai un don pour trouver ce qui est perdu. C’est faux. Je trouve surtout ce qui veut être trouvé. Le reste ? Ça reste caché. Comme la raison pour laquelle je ne porte jamais de montre, ou pourquoi je compte mes pas quand je marche la nuit.
Et puis il y a les mardis. Toujours les mardis. C’est le jour où les choses se rappellent à moi – des visages dans la foule, des échos de conversations que je n’ai jamais eues, l’odeur de la pluie alors qu’il fait soleil. C’est aussi le jour où je mens le moins.
Si tu me demandes ce que je fais dans la vie, je te répondrai que je cherche quelque chose. Si tu me demandes quoi, je te sourirai et je te dirai que je te le dirai un mardi. Mais ne retiens pas ta respiration.